Comme beaucoup de transsexuelles opérées, j'ai entamé les démarches pour obtenir une identité légale féminine. Ceci se fait, en france, par voie de justice au tribunal. Les démarches ont été lancées peu après mon opération, fin 2006. J'ai reçu à l'instant un courrier de mon avocat, en charge de ce dossier, m'informant que l'un des experts devant décider si oui ou non je méritais bien une identité civile féminine était décédé avant de rendre son rapport. Par conséquent, il me faudrait repasser l'expertise psychiatrique.
Il y a de quoi devenir maboule. Déjà, on m'oblige à passer une expertise psychiatrique et gynécologique -charmant- pour la modique somme de 1500€ -en plus du reste, évidemment. Et comme si cela ne suffisait pas, on me demande d'en repasser une partie, parce qu'ils sont incapable de faire suivre les informations à un autre expert ! Le tout, sans compter que le jugement final est retardé d'environ 6 mois. Sachant que cela fait déjà 18 que l'affaire court, je vous laisse calculer...
Plus cela va, plus je découvre qu'on ne fait rien pour simplifier quoi que ce soit dans ce pays. Et encore, je n'ai pas à me plaindre...
Un an après le changement de sexe
Cela fait déja un an que j'ai "sauté le grand pas", fait cette opération incroyable que la chirurgie actuelle nous permet de faire, le changement de sexe (homme vers femme). Oui, c'était un peu fou. Oui, j'ai eu peur avant l'intervention. Mais je ne regrette pas une seule seconde ma décision, murement réfléchie. Avec le recul, et tout ce qui m'est arrivé de bien depuis que je suis moi-même, j'ai la certitude d'avoir fait le bon choix, et je ne peux que me féliciter de l'avoir fait.
Tout d'abord, le côté pratique. Plus aucune douleur en condition normale, évidemment. Je peux faire du sport, courir, danser, sauter, nager. Visuellement parlant, c'est bluffant, même si ce n'est pas du 100% parfait. En tous cas, ça trompe son monde ! La seule chose qui ne fonctionne pas totalement, est la pénétration. Pas que je sois "impénétrable", mais je ne peux pour l'heure recevoir un homme normalement constitué, étant bien trop tendue pour qu'il puisse franchir l'entrée de mon vagin. Il parait qu'à force de dilatation, cela va se faire... Côté profondeur, j'ai pas mal perdu, peut être m'y suis-je mal prise lors des premieres semaines après mon retour de Thailande. On ne le saura jamais, et je n'y accorde qu'une importance toute relative quoi qu'il en soit. Ces deux petits soucis mis à part, le reste est totalement fonctionnel : je suis capable d'orgasme, mais je dois avouer que je ne l'atteins pas toujours, et quand je l'atteinds il peut s'avérer peu intense. Ce n'est plus le même "jouet" qu'il y a quelques années, mais je soupçonne les anti-androgènes d'être au moins en partie responsable de ma perte partielle de libido.
Enfin, venons-en à ce qui a changé dans ma vie. Hormis le fait que je n'ai plus le "pendentif" entre les jambes, évidemment. Pour commencer, je n'ai plus l'impression de me déguiser, de tromper mon monde en permanence (je rappelle que j'étais 24/24 bien avant mon opération, et passais sans aucune difficulté). Avoir un entrejambe féminin légitime totalement tout le reste, je me sens réellement être ce que je prétents : une femme. Avant, c'était un peu flou par moment. Plus maintenant. J'ai également gagné en assurance. C'est probablement lié au fait que je me sente légitimement femme, même si je ne renie pas mon passé masculin.
Ce regain de confiance -moi qui n'en manquait pourtant pas réellement- a chamboulé pas mal de choses dans ma vie, privée et professionnelle, mais je n'entrerai pas dans les détails ici. Je résumerai simplement en disant que d'être celle que j'aurais aimé être dès le départ me permet, avec un paquet d'années de retard, de faire ce que j'aurais toujours aimé faire. Et ça, croyez-moi, ça vaut de l'or !
J'essaierai de poster dans les jours qui viennent une photo de intimité, un an et deux mois après l'intervention.
Tout d'abord, le côté pratique. Plus aucune douleur en condition normale, évidemment. Je peux faire du sport, courir, danser, sauter, nager. Visuellement parlant, c'est bluffant, même si ce n'est pas du 100% parfait. En tous cas, ça trompe son monde ! La seule chose qui ne fonctionne pas totalement, est la pénétration. Pas que je sois "impénétrable", mais je ne peux pour l'heure recevoir un homme normalement constitué, étant bien trop tendue pour qu'il puisse franchir l'entrée de mon vagin. Il parait qu'à force de dilatation, cela va se faire... Côté profondeur, j'ai pas mal perdu, peut être m'y suis-je mal prise lors des premieres semaines après mon retour de Thailande. On ne le saura jamais, et je n'y accorde qu'une importance toute relative quoi qu'il en soit. Ces deux petits soucis mis à part, le reste est totalement fonctionnel : je suis capable d'orgasme, mais je dois avouer que je ne l'atteins pas toujours, et quand je l'atteinds il peut s'avérer peu intense. Ce n'est plus le même "jouet" qu'il y a quelques années, mais je soupçonne les anti-androgènes d'être au moins en partie responsable de ma perte partielle de libido.
Enfin, venons-en à ce qui a changé dans ma vie. Hormis le fait que je n'ai plus le "pendentif" entre les jambes, évidemment. Pour commencer, je n'ai plus l'impression de me déguiser, de tromper mon monde en permanence (je rappelle que j'étais 24/24 bien avant mon opération, et passais sans aucune difficulté). Avoir un entrejambe féminin légitime totalement tout le reste, je me sens réellement être ce que je prétents : une femme. Avant, c'était un peu flou par moment. Plus maintenant. J'ai également gagné en assurance. C'est probablement lié au fait que je me sente légitimement femme, même si je ne renie pas mon passé masculin.
Ce regain de confiance -moi qui n'en manquait pourtant pas réellement- a chamboulé pas mal de choses dans ma vie, privée et professionnelle, mais je n'entrerai pas dans les détails ici. Je résumerai simplement en disant que d'être celle que j'aurais aimé être dès le départ me permet, avec un paquet d'années de retard, de faire ce que j'aurais toujours aimé faire. Et ça, croyez-moi, ça vaut de l'or !
J'essaierai de poster dans les jours qui viennent une photo de intimité, un an et deux mois après l'intervention.
2
commentaires
mardi 6 novembre 2007
C'est pas de chance
Peut être fallait-il que cela me tombe dessus... en tous cas cela m'est tombé dessus. On l'appelle la poisse. Avec mes implants mammaires. L'une des poitrines n'a pas correctement guéri, une sorte d'hématome latent, qui faisait des sécretions lymphatiques permanentes depuis l'intervention. De temps à autres, une suture cédait et laissait se vider le trop-plein de sécretions. J'en ai parlé au chirurgien lors de l'un des check-up post-opératoires, il n'avait pas l'air inquiet car cela devait se résorber tout seul. Malheureusement, c'est toujours là, et il a fallu retirer la prothèse incriminée car elle avait été exposée (c'est à dire, elle a vu l'air libre, et est par conséquent contaminée) lors d'une intervention de nettoyage de la cicatrice à problème. J'ai demandé à ce que me soient retirées mes deux prothèses, afin de ne pas me voir comme un monstre monopoitrine à chaque réveil. Je suis revenue de l'hopital il y a quelques jours seulement.
Psychologiquement, c'est très dur. Pour n'importe quelle femme, mais imaginez pour une trans : cela m'a replongée dans mon état pré-srs : porter des prothèses, tromper mon monde sur qui je suis avec des artifices divers et variés, etc. Mon moral en a pris un gros coup, et je mets du temps à remonter. J'y arriverai, mais c'est dur. D'autant que cette intervention a de lourdes répercutions sur toute une ribambelle de choses que j'avais programmées dans les mois à venir et qui vont être annulées. J'ai par moments l'impression que tout va s'arrêter, mais la raison me dit qu'il n'y a aucune raison à cela...
Il me faudra attendre 6 mois environ avant de pouvoir refaire l'implantation, 6 mois à être "plate comme un fer à repasser". Et repasser au bloc ensuite. J'en profiterai pour demander un peu plus gros -que je retire au moins quelque chose de cette mésaventure- car les 295cc étaient un peu légers par rapport à la taille de ma cage thoracique. 400cc devraient être impeccables, j'en discuterai avec mon chirurgien quand nous ferons le point sur mon état de guérison.
Psychologiquement, c'est très dur. Pour n'importe quelle femme, mais imaginez pour une trans : cela m'a replongée dans mon état pré-srs : porter des prothèses, tromper mon monde sur qui je suis avec des artifices divers et variés, etc. Mon moral en a pris un gros coup, et je mets du temps à remonter. J'y arriverai, mais c'est dur. D'autant que cette intervention a de lourdes répercutions sur toute une ribambelle de choses que j'avais programmées dans les mois à venir et qui vont être annulées. J'ai par moments l'impression que tout va s'arrêter, mais la raison me dit qu'il n'y a aucune raison à cela...
Il me faudra attendre 6 mois environ avant de pouvoir refaire l'implantation, 6 mois à être "plate comme un fer à repasser". Et repasser au bloc ensuite. J'en profiterai pour demander un peu plus gros -que je retire au moins quelque chose de cette mésaventure- car les 295cc étaient un peu légers par rapport à la taille de ma cage thoracique. 400cc devraient être impeccables, j'en discuterai avec mon chirurgien quand nous ferons le point sur mon état de guérison.
0
commentaires
jeudi 18 octobre 2007
Nouvelle poitrine
Je parlais dans l'un de mes précédents messages de l'importance d'avoir une belle poitrine. Etant plate comme un fer à repasser (même pas un bonnet A), j'ai eu recours aux talents d'un chirurgien plastique (français) pour me faire implanter une poitrine plus généreuse. Je suis restée modeste : 295cc de gel de silicone, de forme anatomique, sous le muscle grand pectoral. La première semaine est assez douloureuse (surtout au réveil), heureusement les antidouleurs existent. Ensuite, la douleur s'appaise, seuls certains mouvements bien spécifiques (lever les bras par exemple) restent délicats. Le port du soutien gorge de maintien, 24h sur 24 est assez embêtant, surtout avec les beaux jours qui arrivent. Mais je n'ai pas le choix, donc je m'y plie.
J'ai récemment tenté une petite sortie avec un simple top, mettant correctement en valeur ma nouvelle poitrine, et ai été surprise du regard des hommes. Décidément, nombre d'entre eux regardent la poitrine avant le reste. Ils semblent également devenir plus bavards... Je suis curieuse de voir si je suis tombée sur quelques spécimens exceptionnels, ou si cette tendance va se confirmer ultérieurement ! En tous cas, d'avoir quelques formes typiquement féminines me booste bien. C'est très agréable et je ne regrette pas mon choix.
D'après le chirurgien, il va falloir 3 mois avant d'avoir un aspect quasi définitif, et 6 mois pour l'aspect complètement fini. Je suis impatiente de voir cela.
J'ai récemment tenté une petite sortie avec un simple top, mettant correctement en valeur ma nouvelle poitrine, et ai été surprise du regard des hommes. Décidément, nombre d'entre eux regardent la poitrine avant le reste. Ils semblent également devenir plus bavards... Je suis curieuse de voir si je suis tombée sur quelques spécimens exceptionnels, ou si cette tendance va se confirmer ultérieurement ! En tous cas, d'avoir quelques formes typiquement féminines me booste bien. C'est très agréable et je ne regrette pas mon choix.
D'après le chirurgien, il va falloir 3 mois avant d'avoir un aspect quasi définitif, et 6 mois pour l'aspect complètement fini. Je suis impatiente de voir cela.
1 commentaires
samedi 14 juillet 2007
Trois mois après le changement de sexe
5
commentaires
vendredi 8 décembre 2006
De l'importance d'avoir une belle poitrine
En revoyant mon post d'hier, je me suis dit qu'il était peut être intéressant d'expliquer mon point de vue d'avoir une poitrine de taille correcte quand on est transexuelle, en particulier. Beaucoup de femmes natives désirent avoir une poitrine de taille raisonnable, mais il en existe toute une pléthore qui n'en ont presque pas et ne le vivent pas mal. Et personne ne remet en cause leur féminité.
Comme quoi, on pourrait dire que les transexuelles sont des "obnubilées de la poitrine". Mais c'est omettre une vérité biologique importante. La morphologie d'un torax masculin et féminin est légèrement différent : l'homme a une plus grande capacité respiratoire que la femme, et donc des côtes plus larges. Or, une transexuelle, à moins d'être hormonée très très tôt, suivra un schéma de développement osseux masculin. Pour compenser la largeur du torse, il est donc préférable d'avoir une poitrine proportionnellement plus grande que chez une femme d'origine. C'est une simple histoire de proportions. En plus, le passé masculin fait que la taille n'est pas ou très peu marquée. Là encore, une poitrine de taille raisonnable permet de compenser un peu le manque de relief. C'est aussi simple que ça.
Attention, je ne parle pas là d'avoir un bonnet E ou F ! Mais juste un bon B ou un C, me paraitrait une bonne chose par rapport à ma morphologie. Une poitrine trop grosse est, la plupart des concernées le confirmeront, plus handicapant qu'autre chose.
Comme quoi, on pourrait dire que les transexuelles sont des "obnubilées de la poitrine". Mais c'est omettre une vérité biologique importante. La morphologie d'un torax masculin et féminin est légèrement différent : l'homme a une plus grande capacité respiratoire que la femme, et donc des côtes plus larges. Or, une transexuelle, à moins d'être hormonée très très tôt, suivra un schéma de développement osseux masculin. Pour compenser la largeur du torse, il est donc préférable d'avoir une poitrine proportionnellement plus grande que chez une femme d'origine. C'est une simple histoire de proportions. En plus, le passé masculin fait que la taille n'est pas ou très peu marquée. Là encore, une poitrine de taille raisonnable permet de compenser un peu le manque de relief. C'est aussi simple que ça.
Attention, je ne parle pas là d'avoir un bonnet E ou F ! Mais juste un bon B ou un C, me paraitrait une bonne chose par rapport à ma morphologie. Une poitrine trop grosse est, la plupart des concernées le confirmeront, plus handicapant qu'autre chose.
0
commentaires
jeudi 23 novembre 2006
Endocrinologue
Premier contact avec l'endocrinologue depuis mon retour. Elle me demande tout naturellement comment tout s'est passé, comment je me sens, etc. Tout baigne.
Côté hormonal, j'ai repris le traitement à mon retour de Thaïlande avec les dosages d'avant, mais ça ne fait pas grand chose niveau physique contrairement à ce que l'on aurait pu espérer. Elle est d'accord avec moi pour que nous fassions un test de "dosage maximal" pendant quelques temps, afin de voir si mon corps réagit ou si la limitation de la croissance de ma poitrine est génétique. Je passe donc à 6mg d'oestrogènes par jour, et 200mg de progestérone. Soit le double exactement de ce que je prenais avant. Ce régime sera maintenu un mois environ, le temps de voir si oui ou non je note une différence, après quoi je ferais le point avec elle. En avant, et pourvu que ça pousse !
Côté hormonal, j'ai repris le traitement à mon retour de Thaïlande avec les dosages d'avant, mais ça ne fait pas grand chose niveau physique contrairement à ce que l'on aurait pu espérer. Elle est d'accord avec moi pour que nous fassions un test de "dosage maximal" pendant quelques temps, afin de voir si mon corps réagit ou si la limitation de la croissance de ma poitrine est génétique. Je passe donc à 6mg d'oestrogènes par jour, et 200mg de progestérone. Soit le double exactement de ce que je prenais avant. Ce régime sera maintenu un mois environ, le temps de voir si oui ou non je note une différence, après quoi je ferais le point avec elle. En avant, et pourvu que ça pousse !
0
commentaires
mercredi 22 novembre 2006
Inscription à :
Messages (Atom)